📘 Approximation de l’optique géométrique
1) Généralités et définitions
La lumière désigne la partie visible du spectre électromagnétique. L’optique est le domaine de la physique qui étudie la lumière. Comme toute onde, la lumière se caractérise par une fréquence et une vitesse de propagation (célérité).
1.1 Milieu transparent, homogène et isotrope
Dans toute la suite du cours, on considère un milieu transparent homogène et isotrope.
- Milieu homogène : Les propriétés physiques (composition, densité, indice de réfraction) sont identiques en tout point du milieu.
- Milieu isotrope : Les propriétés physiques restent les mêmes dans toutes les directions de propagation. À l’inverse, certains milieux (exemple : le quartz) sont biréfringents : la vitesse de propagation varie selon la direction.
- Milieu transparent : Il n’absorbe pas la lumière ; l’intensité lumineuse reste constante lors de la propagation.
2) Cadre de l’approximation de l’optique géométrique
Expérience : on éclaire une ouverture circulaire de rayon \(d\) par un faisceau laser de longueur d’onde \(\lambda\).
- Si \(d \leq \lambda\) : phénomène de diffraction. On obtient une tache lumineuse de rayon \(r > d\).
- Dans le cas \(d \gg \lambda\) : on se place dans le cadre de l’approximation de l’optique géométrique.
Rayon lumineux
C’est le trajet suivi par la lumière (ou par l’énergie lumineuse). Dans un milieu transparent, homogène et isotrope, la lumière se propage en ligne droite.
3) Principe de retour inverse de la lumière
Soient \(A\) et \(B\) deux points situés sur un rayon lumineux. Si on inverse le sens de propagation, \(A\) et \(B\) sont toujours sur le même rayon lumineux.
4) Indépendance des rayons lumineux
Soient \(S_1\) et \(S_2\) deux sources de lumière. Les rayons provenant de \(S_1\) et \(S_2\) se coupent en un point \(M\) sans se gêner : la répartition lumineuse obtenue est la somme des répartitions individuelles.
5) Indice de réfraction d’un milieu
La vitesse de propagation dépend du milieu :
- Dans le vide : \(c = 3 \times 10^8 \ \text{m/s}\)
- Dans un milieu homogène d’indice \(n\) : \(v = \dfrac{c}{n}\) avec \(n > 1\).
Vide : \(n = 1\) | Air : \(n \approx 1{,}00027 \approx 1\) | Eau : \(n = 1{,}33\) | Verre : \(n = 1{,}5\)
6) Longueur d’onde
La vitesse dépend du milieu mais pas de la fréquence \(f = 1/T\).
▶ La longueur d’onde dans un milieu est \(\displaystyle \lambda = \frac{\lambda_0}{n}\).
Domaine visible : \(400\ \text{nm}\) à \(750\ \text{nm}\). Exemple : laser hélium-néon rouge, \(\lambda = 632{,}8\ \text{nm}\).
7) Réflexion de la lumière
On considère un rayon incident sur un miroir. Notations : \(I\) point d’incidence, \(SI\) rayon incident, \(IR\) rayon réfléchi, \(IK\) normale, \(i\) angle d’incidence, \(i'\) angle de réflexion.
Lois de Snell‑Descartes pour la réflexion
- Le rayon réfléchi appartient au plan d’incidence (défini par le rayon incident \(SI\) et la normale \(IK\)).
- Les angles d’incidence \(i\) et de réflexion \(i'\) vérifient :
\[ i' = -i \](symétrie par rapport à la normale, principe de retour inverse.)
8) Réfraction – Dioptre
Un dioptre est une surface séparant deux milieux transparents d’indices différents \(n_1\) et \(n_2\).
\(IS\) : rayon incident, \(IK\) normale, \(IR\) rayon réfracté, \(i\) angle d’incidence, \(r\) angle de réfraction.
Lois de Snell‑Descartes pour la réfraction
- Le rayon réfracté \(IR\) est dans le plan d’incidence formé par les rayons SI et IK.
- Relation entre les angles :
\[ n_1 \sin i = n_2 \sin r \]
📘 Réfraction – Comparaison selon les indices
🔹 Cas 1 : \( n_1 < n_2 \)
9) Réflexion totale
Lorsque la lumière passe d’un milieu plus réfringent vers un milieu moins réfringent (\(n_1 > n_2\)), il existe un angle critique \(i_e\).
Si \(i > i_e\) : il y a réflexion totale (\(r\) n’est plus défini, tout le rayon est réfléchi).
10) Réfraction limite
Lorsque \(i\) varie de \(0\) à \(\pi/2\), l’angle de réfraction \(r\) varie de \(0\) à \(r_e\) (angle de réfraction limite) :
11) Application : Fibre optique à saut d’indice
Une fibre optique classique est constituée d’un cœur d’indice \(n_1\) et d’une gaine d’indice \(n_2 < n_1\). Les rayons lumineux sont guidés par réflexions totales si l’angle d’incidence sur le dioptre cœur‑gaine vérifie :
On utilise également des fibres à gradient d’indice pour minimiser la dispersion modale.
12) Étude du prisme
Considérons un prisme d’indice \(n\) plongé dans l’air (\(n_{\text{air}}\approx 1\)), d’angle au sommet \(A\). Un rayon lumineux traverse le prisme en subissant deux réfractions.
- Au premier dioptre (entrée) : \(\sin i = n \sin r\).
- Au second dioptre (sortie) : \(\sin i' = n \sin r'\).
- Dans le triangle \(OII'\) : \(A + (\frac{\pi}{2} - r) + (\frac{\pi}{2} - r') = \pi\) → \(A = r + r'\).
- La déviation totale \(D\) du rayon par rapport à la direction incidente vérifie : \(D = i + i' - A\).
Ces relations permettent de déterminer l’indice du prisme ou l’angle de déviation minimale.